"Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au dessus d'eux l'autorité de rien et de personne, alors c'est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie". PLATON


Les satellites du système



PHILIPPE DE VILLIERS EST- IL LIBRE ET SINCERE ?




LE CONTEXTE DE NOTRE PROPOS

Au cours de l’été 2005, Philippe de Villiers entama une OPA sans précédent sur le camp national, disant même pour la première fois que sa rupture avec l’UMP était consommée.
Au nom du Parti populiste, nous voulûmes alors en savoir davantage et nous lui posâmes en septembre 13 questions, sans esprit de polémique, pour mieux cerner ce qu’il entendait réellement par « rupture ».
La modestie de notre parti encore naissant n’était pas de nature à désintéresser le Président du MPF de notre initiative puisqu’il cherchait visiblement à convaincre un maximum d’entre nous. Pour plus d’efficacité, nous lui avions envoyé nos questions par la poste, par fax et par mail ; il les a donc reçues et très certainement les a t-il lues.
Plus d’un an après, force est de constater que Philippe de Villiers ne nous a pas répondu.
Nous ne sommes pas très étonnés. Ce silence n’est pas dû à un oubli, ni à une impolitesse mais est exclusivement dû à une impossibilité politique de répondre, ce qui équivaut d’ailleurs à une réponse en soi.
Attendu que nous ne souhaitons pas clore le débat et en rester sur des non-dits, et attendu qu’il convient d’informer tous les nationaux, surtout ceux qui signent actuellement des chèques en blanc au Président du MPF, nous allons donc nous pencher sur l’attitude de ce nouvel homme « providentiel » afin d’y trouver les réponses à nos 13 questions. Nous ne ferons pas de réquisitoire contre Monsieur de VILLIERS sur la base d’un passé trop ancien et nous bornerons strictement cette étude aux positions récentes du Président du MPF, prises durant ces quatre dernières années afin d’informer loyalement toute personne qui serait tentée de lui accorder une confiance immédiate
A la lecture de ce qui suit, vous comprendrez aussi les raisons de son mutisme. De la sorte, nul ne pourra prétendre, quand le temps des désillusions viendra, qu’il n’était pas prévenu.


1) 2004, LE GRAND ECART DES REGIONALES

La position fanatiquement favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne du Président de la République, Jacques CHIRAC, est connue depuis longtemps.
En 1999, lors du sommet européen d’Helsinki, il avait déjà martelé sa profonde conviction en la matière. En 2002, au sommet de Copenhague également, où il avait réitéré son credo « La Turquie a toute sa place en Europe ». Nul ne pouvait donc ignorer la position du Président de la République sur ce sujet, qui lui tenait déjà tant à cœur, à la veille des élections de mars 2004 (régionales et cantonales). Et ce, d’autant que son dernier Premier Ministre avant la cohabitation, Alain JUPPE, chef du RPR à l’époque, avait lui aussi œuvré activement à cette adhésion turque jusqu’en 1997, date de sa démission.
Pour tout homme politique informé, les principaux chefs de la majorité présidentielle étaient donc totalement engagés dans cette voie, nonobstant quelques grincements de dents au sein de leur Parti.
De la même façon, nul ne pouvait ignorer les conditions « particulières » de la rédaction du projet de Constitution européenne commencée en 2002. Bien que le Président de la Convention chargée de cette rédaction, Valéry GISCARD D’ESTAING, fut notoirement hostile à l’adhésion turque, le projet n’en a pas moins été élaboré avec la participation active de 28 pays dont la Turquie !
Sa version définitive fut signée aussi par la même Turquie.
Tout cela, les dirigeants du MPF et les Députés européens du MPF, élus en 1999 avec PASQUA, ne pouvaient l’ignorer en 2004. Ils connaissaient parfaitement l’implication des leaders de la majorité présidentielle RPR-UDF en faveur de la Turquie « européenne », et leur soutien au projet constitutionnel européiste, et surtout le contenu fédéraliste de celui-ci ! Autant de Casus belli en perspective…
Et pourtant, début 2004, le double langage de Philippe de VILLIERS commence :


1 - 1.VILLIERS, LE « HERAUT » DE LA SOUVERAINETE…

- Le 26 novembre 2003, l’approbation du Traité d’ Athènes portant sur l’adhésion à l’Union européenne de 10 nouveaux membres à partir du 1er mai 2004 est soumise à l’Assemblée nationale. Villiers, pendant 4h30, va expliquer à ses collègues que ce nouvel élargissement prépare l’adhésion imminente de la Turquie et accuse : « Pourquoi croyez-vous que la Turquie va entrer en Europe ? Parce que les Chefs d’Etats européens ont déjà pris cet engagement à Helsinki et à Copenhague ? Certes, mais la vraie raison est la suivante : ce ne sont pas les Européens mais les Américains qui fixeront la liste des membres de l’UE… ». Villiers est parfaitement au courant, donc, des intérêts pour une fois convergents entre Chirac et les USA. Curieusement, Villiers s’éclipsera du Palais Bourbon sans participer au vote.
- Dans une Lettre ouverte du Figaro du 13 décembre 2003 au Président de la République, le Président du MPF fustige d’abord le projet de majorité qualifiée proposé par la Convention chargée des règles constitutionnelles de l’Europe ( il l’avait donc bien lu…) et il ajoute fort pertinemment : « …le système proposé par la Convention permettra à l’Allemagne de dominer l’Europe et ensuite à la Turquie de voir son influence progressivement monter en puissance … » et citant une note de Bercy, « l’asymétrie Allemagne-France qui joue au bénéfice de l’Allemagne se renverserait pour devenir une asymétrie Turquie-Allemagne à son détriment », et de VILLIERS termine en exhortant CHIRAC « osez dire la vérité aux Français, comme cela est écrit dans le journal Libération, le projet de Constitution favorise le pays le plus peuplé : l’Allemagne ». CHIRAC ne répondra évidemment pas. De VILLIERS savait donc à quoi s’en tenir et le report du projet de Constitution à cause des élections européennes de 2004 ne pouvait pas l’abuser. Un dirigeant du MPF à cette époque déclara même « le fossé est immense, le compromis quasi impossible ». Une pétition est même diffusée pour exiger un référendum sur le projet honni de la Constitution.


1 - 2…ET VILLIERS L’ALLIE FIDELE DE LA MAJORITE…

- Dans le MEME TEMPS, Philippe de VILLIERS, qui n’oublie pas les élections de mars, fait relancer sans scrupules les candidats de l’UMP têtes de liste aux Régionales pour placer sur leurs listes des candidats MPF !!! Un exemple, le 12 janvier 2004, donc sans attendre les résultats de sa « lettre ouverte » et de ses pétitions, il écrit au Ministre RPR Xavier DARCOS, tête de liste UMP en Aquitaine, pour conclure le « marché » : « Comme nous en avions convenu lors de notre dernier entretien ( !), je vous transmets ci-jointe la liste des candidats du MPF qui me représenteront auprès de vous, dans cette importante campagne des élections régionales de mars prochain. J’ai demandé par ailleurs à mes responsables départementaux de prendre contact avec vous et votre Direction de campagne afin de finaliser l’accord que nous avions évoqué (!!!). Je sais que vous accorderez la plus grande importance à leur réserver un accueil favorable, et je vous redis (sic) mon souhait d’une alliance loyale et équitable, seule capable de faire gagner notre camp (re-sic)…. » (voir annexe).
- Parallèlement, Guillaume PELTIER écrit aux Secrétaires départementaux du MPF pour leur donner, tel un blanc-seing, le double du courrier envoyé à DARCOS en leur précisant : « Comme promis, vous trouverez ci-jointe copie de la lettre que Philippe de VILLIERS a adressé à Xavier DARCOS, avec vos coordonnées personnelles (sic), comme ils en étaient convenus après leur rencontre de décembre (re-sic). Vous pouvez joindre son Directeur de campagne, Mr David TEILLET au…. ». (voir annexe).
On le constate, le Président du MPF et son ambitieux Secrétaire général gardaient à l’esprit la priorité d’une alliance intéressée, quand bien même contre-nature, faisant fi de toutes leurs exhortations contre les partisans du fédéralisme européiste et de la Turquie.
- Le plus affligeant dans cette duplicité cynique, et le plus mérité, est que, dans la plupart des cas, les prétendants du MPF à l’éligibilité n’auront rien, hormis quelques strapontins, mais qu’aucun ordre ne leur sera donné non plus pour, en représailles, constituer des listes autonomes MPF. Pourtant, le « fossé immense » eut été de nature à servir de motivation, si ce n’est de prétexte officiel, pour une vraie rupture. En Aquitaine, de surcroît, DARCOS est connu comme un européiste convaincu et un dignitaire franc-maçon, et tous les autres patrons régionaux de l’UMP sont du même tonneau.

1-3. L’ALLIANCE EMBLEMATIQUE EN PAYS DE LOIRE !

Une exception à ces Régionales : le cas emblématique des Pays de Loire, fief de VILLIERS.
Citons Rivarol du 2 janvier 2004 : « La veille de Noël, François PINTE, le Directeur de campagne du Ministre des Affaires sociales, annonçait la présentation par François FILLON et Philippe de VILLIERS d’une liste commune UMP-MPF aux élections régionales dans les Pays de la Loire dont le n°3 du Gouvernement sera le chef de file. VILLIERS, qui est déjà Député et Président du Conseil général de Vendée, n’y figurera pas à cause de la Loi sur le cumul des mandats mais plusieurs de ses amis seront en position éligible. Selon M. PINTE, » « François FILLON et Philippe de VILLIERS tendent aujourd’hui la main à l’UDF afin qu’une union totale soit trouvée dans le respect des sensibilités de chacun » (sic !).
Vous avez bien lu. Le souverainisme façon VILLIERS, de « priorité » est rétrogradé à « sensibilité » au point que le Président du MPF tend la main au Parti le plus européiste de France. Et la liste est conduite par François FILLON, Ministre d’Etat de RAFFARIN, Européiste convaincu lui aussi et, surtout, rédacteur avéré du programme européiste de l’UMP. Quelques semaines avant cette alliance, le 14 novembre 2003, le Ministre du Travail François FILLON déclarait aux Echos : « …Et puis, dans une France où l’extrême-droite occupe la place que l’on sait dans l’électorat, il convient de ménager les intérêts de la CGT. » (re-sic !!!). Il vise bien-sûr le FN car il a une opinion bien précise de l’utile MPF.
En effet, plus récemment, le 14 décembre 2005 dans Le Monde, sous le titre « Sarkozy-Villiers : grandes manœuvres autour de l’électorat frontiste », le même « François FILLON se souvenait d’avoir codirigé l’exécutif régional avec des élus MPF, « des gens très modérés qui ont toujours accepté les présidences de commission et qui ont fait partie du Groupe majoritaire à la Région », la preuve, selon Monsieur FILLON, nouveau Conseiller de Monsieur SARKOZY, « du positionnement purement tactique de M. De Villiers » ». En quatre lignes, tout est dit.
Observons donc la liste régionale de François FILLON en 2004 dans les Pays de Loire :
Divisée, comme l’exige la Loi, en sous-listes départementales, c’est le MPF Bruno RETAILLEAU qui conduit celle de Vendée avec plusieurs autres MPF en sons sein. Les secrétaires départementaux du MPF sont bien placés : Pour la Sarthe, Cécile BAYLE DE JESSE est en 10e position et Patrice CHEREAU est en 11e position sur celle de Loire Atlantique, deux places seulement derrière François PINTE. RETAILLEAU est en photo sur la profession de foi de FILLON et les documents officiels portent l’étiquette « UMP-UDF-MPF-DVD ». On pourrait tout autant résumer ainsi l’échiquier de la Vendée. Car le MPF est partout en France l’allié bien servile de la fausse droite à toutes les élections.(Voir annexes).

Il y a à cela des raisons bien précises, qui n’ont rien à voir avec l’Europe ou les Régions, et qui concernent une petite cuisine cantonale bien traditionnelle.


2) 2004, L’ IMPERATIF VENDEEN DES CANTONALES

Il y a en Vendée 31 cantons.
En mars 2004, il y avait 16 cantons à renouveler .
Un détenu par un UDF, un par un RPR, deux par la Gauche et 12 par des « Divers-droite », dont ceux de Bertrand de Villiers (un frère) et de la futur députée Véronique Besse, tous deux MPF. Si Philippe de VILLIERS avait déclaré la guerre à l’UMP en janvier 2004 à cause de la Constitution européenne, de la Turquie ou des investitures régionales, l’UMP aurait alors présenté des candidats partout contre ceux des « Divers-droite » ,affiliés au MPF ou non, et aurait même pu renverser la majorité du Conseil général, on le verra plus loin. Les chiffres du rapport de force sont probants :

Etiquette
virtuelle Nombre d’élus Renouvelables en
2004 Non renouvelables Réélus en 2004
« Divers droite » 23 12 11 12
UMP 2 1 1 1
UDF 3 1 2 1
Total Droite 28 14 14 14 (inchangé)
Total Gauche 3 2 1 2 ( idem )

En fait, la notion de « Divers-droite » est totalement artificielle car se cachent sous cette étiquette passe-partout des candidats MPF, UDF, des vrais « divers-droite », dépendants de certains Etats-major ou ralliés à eux après une élection fratricide, et des élus « sans étiquette » mais apparentés à la majorité ne serait-ce que grâce à leur investiture de départ. Mais combien aussi de sympathisants UMP non encore déclarés ou ralliés ?
Une étiquette « Divers-droite » dissimule toujours une manœuvre électorale, ou une division calculée. Ce n’est jamais un signe extérieur d’indépendance, et, en Vendée, c’est le cache-sexe du MPF.Il est d’ailleurs révélateur qu’aucune description des groupes et réelles appartenances politiques n’existe sur le site du Conseil général de Vendée…
L’emploi de l’étiquette « DVD » est à la fois une exigence de De VILLIERS auprès de certains candidats fiables pour grossir ses rangs fictivement, une stratégie pseudo apolitique pour appâter les électeurs et une manière de camoufler, dans certains cantons, une réelle querelle d’investiture.
Mais, nous le verrons, à la faveur des résultats de certaines élections ou référendums, les vestes politiques auront une réversibilité digne d’une véritable épée de Damoclès pour M. de VILLIERS…

Dans l’immédiat, plusieurs constats sont à faire :
- le MPF ne détient certainement pas à lui seul la majorité au sein du Conseil comme au sein de la Droite, loin s’en faut. Si c’était le cas, sa majorité serait clairement estampillée sous le label MPF.
- L’UMP est bien trop minoritaire pour que cela soit dû au contexte local ou au hasard.
- L’UDF et l’UMP se prêtent au jeu du « cache-sexe » et aux règles fixées par de VILLIERS, du moins pour l’instant…
Si l’UMP avait voulu imposer sa Loi au MPF, elle aurait donc pu présenter très facilement des candidats dans 13 cantons, au lieu des 3 où elle a figuré seulement (voir tableaux suivants), tout en épargnant celui de l’UDF pour s’éviter un deuxième front d’hostilités. Il lui suffisait de siffler la fin de la récréation villiériste. Certains élus MPF auraient aussi vite changé d’investiture selon le vent.
Ce faisant, l’UMP serait devenue à coup sûr le principal parti de la majorité en se fixant un minimum de 6 cantons seulement à prendre (50% des DVD) et aurait raflé la Présidence (sans compter les ralliements et alliances possibles avec l’UDF, européiste elle aussi).
Mais l’UMP ne l’a pas fait…

Le danger était tellement réel que la carte des investitures dévoile le pacte conclu entre le MPF et l’UMP, en vigueur, il est vrai, depuis des années, en échange d’une docilité totale. Seules nous suffiront les cantonales de 2001 et 2004 pour avoir le Conseil général au complet.
CANTONALES 2001 ELUS ETIQUETTES (et la vraie appartenance) RIVAUX A DROITE EN LICE EN 2001
CHANTONNAY VILLETTE DVD 1 DVD
FONTENAY LE Cte GERZEAU DVD SEUL
LA MOTHE Achard MERCERON DVD ( UDF ) SEUL
LA ROCHE/Yon Sud PELTAN UDF SEUL
LUCON SOUCHET DVD ( MPF ) 1 DL
MAREUIL HOCQ DVD (SE ) 1 DVD + 1 UDF
MONTAIGU P. de VILLIERS DVD ( MPF ) SEUL
MORTAGNE RETAILLEAU DVD ( MPF ) SEUL
MOUTIERS GAUDUCHEAU DVD SEUL
NOIRMOUTIER OUDIN RPR SEUL
PALLUAU ROY DVD 3 DVD
POUZAUGES LEMAIRE DVD ( MPF ) SEUL
ST GILLES + VIE MERCERON UDF SEUL
ST HILAIRE LOGES BON DVD 1 DVD
ST JEAN de Monts RICOLLEAU DVG 1 RPR SEUL

CANTONALES 2004

BEAUVOIR DUPONT DVD SEUL
CHAILLE les Marais RINGEARD PS 2 DVD
CHALLANS DUCEPT DVD SEUL
LaCHATAIGNERAIE OUVRARD DVD ( UDF ) SEUL
LES ESSARTS B. de VILLIERS DVD ( MPF ) SEUL
LES HERBIERS BESSE DVD ( MPF ) 1 DVD
L’HERMENAULT SARLOT DVD ou DL ( MPF ) 1 DVD
L’ILE D’YEU TURBE DVD SEUL
MAILLEZAIS TALLINEAU DVD SEUL
LE POIRE /VIE PERRIN UMP 1 DVD
ROCHESERVIERE LEBOEUF UDF SEUL
La ROCHE/Yon Nord REGNAULT PS 1UDF+1UMP+1DVD
SABLES D’OLONNE FAUGERON DVD 2 DVD
St FULGENT MONTASSIER DVD 1 UMP
Ste HERMINE BARBARIT DVD SEUL
TALMONT St Hilaire BERTHOME DVD 1 DVD

La composition réelle du Conseil général de Vendée se rapproche plus de la réalité suivante (sauf « sensibilités » changeantes…) :
DVD : 13
MPF : 7
UDF : 5
UMP : 2
SE : 1 soit un total de 28 élus dans la majorité
PS : 2
DVG : 1 soit un total de 3 élus dans l’opposition de Gauche
Cette répartition est pleine d’enseignements :
- Le MPF n’est effectivement pas majoritaire (7 élus sur 31 et sur 28 à Droite, soit le quart, seulement). Contactés, les vrais élus DVD se démarquent de tout apparentement au MPF.
- Les candidats UMP ne se cachent jamais sous le masque DVD, l’UDF parfois, le MPF toujours…C’est bien révélateur d’une faiblesse pour ce dernier.
- Le nombre de cantons où le candidat estampillé « DVD » est SEUL en lice pour représenter la Droite est de 12 sur 21 cantons « DVD »…
- A ces deux scrutins, l’UDF a présenté 6 candidats seulement dont 3 ont eu l’investiture SEULS et ont été élus.
- A ces deux scrutins, le RPR-UMP a aussi présenté 6 candidats seulement dont deux ont eu l’investiture SEULS, parmi eux le Secrétaire départemental UMP OUDIN.
- Les primaires entre UDF, UMP et DVD sont au nombre de 6 seulement mais il est difficile de savoir si certains DVD étaient contrôlables ou non, tant les rivalités de notables locaux sont difficiles à maîtriser, surtout en l’absence d’un appareil politique dominant en Vendée.
- Pour preuve le nombre de primaires entre plusieurs « DVD » : 8. Mais les cantons concernés se distinguent surtout par l’absence de tout UDF ou UMP officiel…
- Le nombre de cantons où il n’y a eu qu’un seul candidat à Droite est donc de 17.
- Et le nombre de cantons où l’UDF et l’UMP étaient absents, sous leurs étiquettes, est de 20 sur 31, soit 64 % des cantons !
- On peut donc clairement dire que le nombre de cantons qui a résulté d’accords entre le MPF, l’UDF et l’UMP est de 25 sur 31, soit dans 80% des cantons ! Ce sont ceux où il n’y avait qu’un seul candidat à Droite et ceux où n’étaient confrontés que des candidats « DVD » sans immixtion apparente de l’UDF et de l’UMP.
- Enfin, l’UDF et l’UMP sont les grands perdants dans deux des trois duels face à la Gauche (La Roche sur Yon Nord et St Jean de Monts) et dans quatre des cinq duels fratricides (Lucon, Mareuil, Moutiers et St Fulgent). Pendant combien de temps leurs Etats-major et leurs militants de terrain accepteront-ils un tel favoritisme ? Le MPF est en précarité.

Ces chiffres établissent que le monopole du MPF ne tient qu’au seul bon vouloir de l’UMP et accessoirement de l’UDF. Il est à noter que De VILLIERS joue d’ailleurs habilement sur la rivalité entre ces deux formations et qu’il privilégie nettement l’UDF alors que ce mouvement est le plus européiste !. Tous les candidats UDF investis et seuls en lice pour la droite ont gagné…Mais c’est un traitement de faveur très précaire si demain l’UMP change la donne.
Le Président du MPF ne peut donc pas rompre avec l’UMP à moins de prendre le risque d’être déstabilisé dans son fief et de perdre la majorité tacitement établie. Il le sait, et voila pourquoi ni la Turquie, ni la Constitution européenne, ni même les places des cadres MPF aux élections régionales ou municipales ne seront des arguments assez forts pour le faire renoncer à l’œuvre de sa vie, le Conseil général de Vendée et ses réalisations locales, comme aux subventions qu’elles réclament.


3) 2004 ET 2005 : L’ASSOMMOIR EUROPEEN

Il lui reste deux élections où il peut épisodiquement faire semblant d’exister. D’abord les Européennes et, en 2004, le nouveau découpage des circonscriptions électorales provoquera au MPF une grande déception en ne lui permettant d’obtenir de justesse que 3 élus au lieu des 13 élus qu’il avait obtenus en tandem avec PASQUA en 1999 !!! Leur liste avait en 1999 réalisé plus de 13% des voix, battant même celle du RPR-UDF, et De VILLIERS, seul, tombe en 2004 à 6,67%, une chute de moitié, y compris par rapport à la liste MPF de 1994 (12,33%).
Mais le coup de massue le plus inattendu viendra lors du référendum de mai 2005 sur le fameux projet de Constitution européenne.
C’est paradoxal car tous les observateurs ont souligné l’investissement personnel de De VILLIERS dans la bataille en faveur du NON. Il est même apparu comme le « Champion » du camp du NON à Droite, tandis que LE PEN, plus discret, n’en continuait pas moins d’engranger les bénéfices de cette agitation. Alors, en quoi ce référendum a-t-il pu être un échec pour De VILLIERS ?
Tout simplement à cause de la Vendée, toujours elle.
D’abord, elle figure parmi les rares départements à avoir voté OUI, ce qui constitue une humiliation inédite pour le MPF.( Vendée 50,20% de OUI au sein de la Région Pays de Loire, 50,11%). Certains penseraient qu’il s’agit là d’un épiphénomène sans conséquence sur les élections locales. Ce vote porte pourtant une indication sociologique et une lassitude non négligeables.
En effet, et le plus grave saute aux yeux en analysant les résultats.

« SUR LES 31 CANTONS DU DEPARTEMENT , 19 CHEFS-LIEU DE CANTONS ONT VOTE OUI » ( soit 61% du total ! ) .
Et parmi eux 17 cantons sur les 28 que détient la majorité de Droite (60% !), dont, humiliation suprême, tous ceux de l’Etat-Major du MPF ! :

- LES ESSARTS (Bertrand De VILLIERS) : 53,60 % pour le « OUI »
- LES HERBIERS (Véronique BESSE) : 64,10 %
- MONTAIGU (Philippe De VILLIERS) : 55,41 %
- MORTAGNE S/SEVRE (Bruno RETAILLEAU) : 56,31 %
Mais aussi :
- FONTENAY LE COMTE (53,26%)
- LA MOTHE ACHARD (51,61%)
- LA ROCHE SUR YON – les deux cantons (56,68%)
- LES SABLES D’OLONNE (53,30%)
- MAREUIL S/LAY (51,16%)
- MOUTIERS LES MAUXFAITS (52,36%)
- NOIRMOUTIER (50,68%)
- POUZAUGES (61,68%)
- ST GILLES CROIX DE VIE (55,29%)
- ST JEAN DE MONTS (52,08%)
- ST FULGENT (56,13%)
- LA CHATAIGNERAIE (59,18%)
- LE POIRE SUR VIE (53,25%)
- ROCHESERVIERE (51,82%)

De VILLIERS avait beau expliquer que ce résultat était la « rançon » de la prospérité acquise (grâce à lui) par les Vendéens, l’argument était loin d’être convainquant à la lecture de ces chiffres !
Ces derniers se confirment à l’examen des résultats du référendum dans les 74 communes de Vendée dont les Maires avaient, en 1995, parrainé la candidature de leur Président du Conseil général à l’élection présidentielle :

- Parrains de De Villiers en Vendée en 1995 : 74 communes
- Communes où le « OUI » a été majoritaire : 41 soit 55% des soutiens communaux à Villiers !

Ces Maires seront-ils enclins, en 2007, à parrainer à nouveau un candidat minoritaire chez lui ?
Le « OUI » à la Constitution Européenne dépasse les 55% des votes exprimés dans les villages de : Antigny, Chambretaud, Cheffois, La Chapelle aux Lys, La Chataigneraie, La Guyonnière, La Tardière, Le Boupere, Les Epesses, La Verrie, Ménomblet, Montaigu (!), Pouzaugues, Les Herbiers (!), Rochetrejoux, St Denis la Chevasse, Tallud Ste Gemme…

A ce tarif là, ce n’est plus de l’ingratitude, c’est un désaveu.
La Gauche socialiste pavoisait, mais l’UMP et l’UDF aussi, au soir du scrutin.
Car les Européistes sont désormais majoritaires dans les urnes en Vendée. Et compte tenu de la réversibilité des vestes en politique, peut-être pouvaient-ils l’être aussi au sein du Conseil général au lendemain de ce référendum. Car enfin, si De Villiers avait vraiment rompu avec l’UMP, rien ne l’aurait empêché de se rapprocher du FN, hormis l’équilibre des forces à l’Hôtel du département. Imaginons seulement qu’il franchisse le Rubicon et un cordon « républicain » se serait constitué immédiatement. Les effectifs du MPF auraient vite fondu dans l’hémicycle et il aurait suffi du basculement d’une poignée de DVD pour constituer un groupe majoritaire et européiste d’au moins 16 élus généraux dominé par l’UMP et avec quelques vice-présidences à l’UDF. C’est évident et cela reste une Epée de Damoclès constante pour De VILLIERS qui l’empêche et lui interdira toujours, si tant est qu’il ait jamais été tenté, de se rapprocher du FN.
Ce résultat de mai 2005 constitue la première indication tangible du recul de l’influence villiériste en Vendée mais surtout du boulevard électoral ainsi ouvert à la fausse Droite. Celle-ci a trouvé localement un moyen de pression considérable sur De VILLIERS et cela va expliquer tout son comportement depuis mai 2005, date du début de son OPA sur le camp national. De VILLIERS est tenu par le Système, et surtout par l’UMP, en apparence absente, au sein du Conseil général de Vendée. Quel paradoxe pour le « vainqueur » du référendum !

En effet, le message des urnes est suivi de quelques mois de celui du chef de l’UMP, Nicolas SARKOZY en visite en Vendée lors du Vendée-Globe : « …il n’y a pas de territoire interdit à l’UMP où nous serions en position de vassal… ». Le Maire de LUCON et Secrétaire départemental de l’UMP , Guy PERRIER, temporise aussitôt « Les valeurs du MPF n’ont rien à voir avec les nôtres …(Mais) l’UMP ne rentrera pas dans l’opposition face à VILLIERS. » (Octobre 2005). Le Conseiller général de Luçon, lui, est élu sous l’étiquette « DVD » mais est MPF…
Le message et l’avertissement sont clairs. Ils le sont aussi pour tous les Nationaux lucides puisque le Président du MPF entamait simultanément en septembre 2005 son soi-disant revirement, en annonçant tout bas qu’il allait « régler le problème Le Pen ».
Sur commande, et sous peine d’avoir un très gros problème en Vendée.
Il va donc s’investir dans la seconde élection où il peut encore se rendre « utile » au Système, les Présidentielles de 2007.


4) LES LIENS AVEC L’UMP

Inutile de remonter trop loin dans le temps pour avoir les preuves recherchées.

OCTOBRE 2003 : Dans une circulaire régionale du MPF, une consigne est donnée « Pour la Droite, une seule solution (…) : arriver en tête dès le premier tour avec un pourcentage de voix suffisant pour faire en sorte que le FN n’atteigne pas les 10% et, en conséquence, ne puisse se maintenir au 2e tour.(…) Pour cela, une seule méthode serait nécessaire : une liste d’union régionale de la Droite modérée regroupant (…) l’UMP, l’UDF et les véritables partisans du souverainisme populaire que sont le MPF et ses amis les plus proches ».

MARS 2004 : Liste régionale du MPF avec l’UMP et l’UDF en Pays de Loire (V.1-3)

13 JUIN 2004 : Le Premier Ministre UMP Jean-Pierre RAFFARIN téléphone à De VILLIERS pour le féliciter et savoir s’il peut toujours additionner les voix du MPF à celle de sa majorité. La réponse est positive. Cette addition inclut pourtant l’UDF, le Mouvement le plus Européiste, et auquel De VILLIERS a appartenu 10 ans auparavant…)
Le même soir De VILLIERS déclare « Ce soir, on peut dire que la Droite est plurielle et je ferai respecter la famille de pensée que représente le MPF ».

28 NOVEMBRE 2004 : De VILLIERS assiste en tant qu’invité officiel au Congrès de l’UMP qui sacre Nicolas SARKOZY à la Présidence. Il y déclare : « J’ai noté avec satisfaction que Nicolas Sarkozy souhaitait construire un dispositif majoritaire ayant la forme d’un trimaran avec un flotteur central, l’UMP, un flotteur centriste, l’UDF, à gauche (!), et un flotteur national, à droite, le MPF ».
Le Monde.
Toujours simultanément, une élection législative partielle a lieu dans la circonscription de De VILLIERS pour pourvoir à son remplacement puisqu’il est prit par le cumul des mandats.
Le Maire des Herbiers, Marcel ALBERT (UMP) n’obtient pas l’investiture de son Mouvement qui préfère laisser la place à la candidate MPF, Véronique BESSE, qui sera élue, sans concurrence à Droite, avec 70% des voix.

Le 6 JUIN 2005, lors d’une cantonale partielle à Vesoul, le MPF appelle à voter pour le candidat UMP CHRETIEN, pourtant partisan de la Constitution européenne…
Il en sera de même dans la trentaine de partielles qui auront lieu en 2005 et 2006 : à aucun moment le Président du MPF ne donnera des consignes de vote hostiles à l’UMP ou à ses candidats européistes. Au contraire, le soutien du MPF leur sera toujours accordé là où des fédérations réelles existent et aucune ne se tournera jamais vers les candidats du FN.
Mais dans le même temps, De VILLIERS se dit prêt « à assumer une certaine diabolisation » par l’arrivée dans son Mouvement d’anciens adhérents du FN…Certains le feront par divagation du culte de l’homme « providentiel », d’autres par recherche d’un futur mandat régional, d’autres enfin pour régler des comptes personnels. C’est un mauvais « remake » de l’aventure mégrétiste.

5 JUILLET 2005 : le Député De VILLIERS ne s’associe pas à la Gauche pour voter la motion de censure.(Le Point).

AOUT 2005 : De VILLIERS déclare pourtant « je me situe clairement dans l’opposition au gouvernement du OUI ». (interview par Sophie Huet).

SEPTEMBRE 2005 : il annonce « sa rupture avec les partis de la majorité ». Dans le même temps, le Secrétaire général du MPF confie « le moment est venu maintenant de régler le problème LE PEN, le problème du Front national, et VILLIERS est le seul à pouvoir le faire ».

13 SEPTEMBRE 2005 : Sur France Info, le Député-Maire d'Asnières, Manuel AESCHLIMANN l'un des bras droits de SARKOZY déclare : Les Maires qui avaient parrainé LE PEN en 2002 "au nom de la démocratie ont vu que cela avait un impact beaucoup plus fort que ce à quoi ils s'attendaient..." Ils préfèreront parrainer cette fois "Philippe De VILLIERS et (sic) Nicolas SARKOZY parce qu'ils incarnent eux aussi l'ordre". Attendu qu'un Maire ne peut accorder son parrainage qu'à un seul candidat, le "et" est plus révélateur d'une connivence que de la simple ignorance de l'intéressé. Les Maires savent donc ce qu'ils doivent faire pour choisir un candidat d'ordre sans avoir les inconvénients d'un LE PEN trop puissant...

5 OCTOBRE 2005 : Libération analyse la stratégie de De VILLIERS : « …se poser en chef de file du NON pour pouvoir ensuite tailler des croupières à l’extrême droite et peser d’un tout autre poids face à l’UMP ».

10 NOVEMBRE 2005 : De VILLIERS se considère comme celui qui « débarrassera la scène politique de LE PEN ».(Dépêche AFP)

14 DECEMBRE 2005 : Dans Le Monde, il est rappelé que, "Ancien Président de la Région Pays de Loire, François FILLON se souvient d'avoir co-dirigé l'exécutif avec des élus MPF, "des gens très modérés qui ont toujours accepté les Présidences de Commissions (on peut le croire) et qui ont fait partie du Groupe majoritaire à la Région". La preuve, selon M.FILLON, nouveau Conseiller de M.SARKOZY, "du positionnement purement tactique de M. De VILLIERS

15 FEVRIER 2006 : Sur Radio Courtoisie De VILLIERS déclare " J'en suis venu à une conclusion, la seule, qui est difficile pour moi, c'est qu'il n'y a que la rupture avec le Système qui permette de créer les conditions d'un grand rassemblement populaire pour installer nos idées au Pouvoir. C'est la raison pour laquelle, je suis devenu l'homme du hors-Système. J'ai cru longtemps (...) qu'on pouvait réformer le Système de l'intérieur, en réalité le Système est une broyeuse" . (re sic)

13 AVRIL 2006, comme en écho exactement inverse à ses déclarations précédentes qui laissaient espérer une lucidité nouvelle porteuse de vrais rassemblements futurs, De VILLIERS déclare dans le Monde qu'il "rejette l'alliance" que lui propose Jean-Marie LE PEN.

JUIN 2006 : Dans une note aux cadres du MPF de juin 2006, son Secrétaire général, Guillaume PELTIER fixe les priorités : « (…) Il y a urgence à se mettre au travail ! Il faut prioritairement rencontrer les maires qui auraient signé pour LE PEN ou pour Mégret en 2002. Ainsi, le Président du Front national pourrait être privé des parrainages nécessaires à sa candidature.
(…)Il faut pour cela maintenir la pression pour que le MPF jouisse en 2007 d’une position hégémonique à la droite de SARKOZY. ». Cela explique toutes les surenchères verbales…
La stratégie a le mérite d’être claire mais nous pensions que les seuls ennemis de De VILLIERS étaient les partisans de l’Europe de Bruxelles… Il a donc deux discours.

13 OCTOBRE 2006 : A propos de la sortie en librairie du livre d’Eric Branca « Le mystère Villiers » (Le Rocher), Alain Dumait écrit dans « Les 4 Vérités » :
« Il semble d’ailleurs que la stratégie du Vendéen a un peu changé ces derniers mois ( ?). Il estime avoir plus de voix à prendre au Président de l’UMP qu’au chef du FN. Et il indique, en privé (sic), que cette fois-ci (re-sic), contrairement à son attitude de 2002, au deuxième tour, dans le cas d’un duel Ségolène/Le Pen, il soutiendrait clairement le second. Rappelons qu’il y a quatre ans, Philippe de Villiers avait dit qu’il avait voté pour les chasseurs au 1er tour et mis une enveloppe blanche au second tour… ». Quelques précisions s’imposent devant ces effarantes déclarations :
- A aucun moment De Villiers n’aborde l’éventualité d’un 2e tour Sarkozy/Le Pen parce qu’il ne veut pas révéler sa préférence profonde. Son attitude contre Mme Royal, candidate du PS, constitue un non évènement ou un « minimum syndical » face à la Gauche. Il n’y a pas de quoi être admiratif.
- Le fait d’avoir voté au 1er tour de 2002 pour les Chasseurs du CPNT est révélateur de l’opportunisme du MPF. En effet, les députés européens du CPNT ont voté pour les négociations avec la Turquie en vue de son adhésion à l’UE le 6 octobre 1999 ! Quant au bulletin du 2e tour, s’il était bien blanc ( ?), il constitue là encore le moyen de défavoriser Le Pen face à Chirac-l’Européiste qui aurait dû polariser sur lui tous les rejets de De Villiers…
Ce bulletin blanc est probablement un mensonge de plus si l’on veut bien se reporter à la déclaration de Villiers au soir du 21 avril 2002 : « La percée du FN en France est un signal donné à l’opposition. Il faut demain que le futur Président de la République, Jacques Chirac, s’appuie sur toutes les sensibilités de Droite classique (sic) pour proposer un projet clair et ambitieux ». Il bat, à l’époque, le rappel de la Droite au secours de Chirac, au point de n’évoquer nulle part dans son message les problêmes « prioritaires » de la Turquie, du fédéralisme, de la souveraineté, etc…

13 OCTOBRE 2006 : Le Monde annonce : « La commission nationale d’investitures de l’UMP, réunie le 10 octobre, a décidé de ne pas nommer de candidats pour les législatives de 2007 dans les deux circonscriptions détenues par le MPF : la 4e de Vendée, détenue par Véronique Besse, qui a pris la succession de Philippe de Villiers, élu au Parlement européen en 2004, et la 5e de ce même département, où Joël Sarlot est Député depuis 1993. ». La Messe est dite.

Signalons qu’aux législatives de 2002, en Vendée, les 5 circonscriptions avaient été conservées par la Droite molle avec la répartition suivante : 1ère circ à l’UDF, 2e et 3e à l’UMP, 4e et 5e au MPF.
Doit-on préciser que aucun des candidats élus n’avait eu à subir la moindre concurrence de ses alliés ?

Laissons le mot de la fin de cette chronologie édifiante à Philippe DE VILLIERS qui, dans une interview accordée à Sophie HUET le 6 septembre 2005, résumait sans le savoir son action en deux phrases pourtant distinctes :
« Le patriotisme populaire, voila la vraie rupture ! » et plus loin :
« Au fond, la rupture, elle est comme le Kärcher : verbale ! ».

5) LES REPONSES A NOS 13 QUESTIONS 5) LES REPONSES A NOS 13 QUESTIONS

1) L’ELECTION PRESIDENTIELLE. Dans le cas où vous ne seriez pas présent au 2° tour, appellerez-vous à voter pour le candidat de l’UMP (Sarkozy, Chirac, de Villepin) même si celui-ci a été un actif militant pour le OUI à la Constitution européenne ?
2) Si Jean-Marie LE PEN est à nouveau présent au 2° tour, appellerez-vous cette fois-ci à voter pour lui ?
3) LES ELECTIONS LEGISLATIVES. Etes-vous favorable à des candidatures uniques de la Droite nationale et, dans cette perspective, seriez-vous l’initiateur d’une rencontre avec les dirigeants de ses composantes résolument hostiles à l’UMP pour élaborer un « programme commun » ?
4) Pour ces prochaines élections législatives, et également les cantonales, le MPF refusera t-il de soutenir les candidats de l’UMP qui ont activement prôné le OUI au dernier référendum ?
5) En cas de candidatures nationales divisées, soutiendra t-il au 2° tour les candidats du FN restés en lice ? (ou tout autre candidat national)
6) LES SCRUTINS DE LISTES. Pour les prochaines élections régionales et municipales, le MPF recherchera t-il la constitution de listes communes avec d’autres mouvements nationaux ?
7) DANS L’IMMEDIAT. Cette rupture avec l’UMP va t-elle se concrétiser par des votes différents dans toutes les assemblées (européenne, nationale, régionales, départementales et communales) où des élus du MPF sont présents ?
8) Entendez-vous vous séparer au sein de votre majorité au Conseil général de Vendée des élus de l’UMP qui ont voté OUI à la Constitution européenne ?
9) Les membres du MPF élus dans des majorités ou dans des intergroupes au sein des assemblées régionales, départementales et communales vont-ils être invités par vous à rompre leurs alliances avec l’UMP, à démissionner de leurs éventuelles délégations pour former leurs propres groupes ou se rapprocher des élus nationaux existants ?
10) Etes-vous prêt à refuser et à dénoncer tout chantage et toute pression politique que vous-même ou vos amis subiriez dans le cadre des activités sportives et culturelles que vous avez créées (Vendée Globe, Puy du Fou, Radio Alouette etc) ?
11) Etes-vous partisan d’abroger les Lois liberticides dont certaines sont à l’origine des procès qui vous sont intentés par le MRAP, la LICRA, SOS Racisme etc ?
12) Lorsque sera prochainement réactivé le processus de négociation avec la Turquie pour son entrée dans la CE, et ce, malgré l’opposition du Premier Ministre, serez-vous disposé à des initiatives communes avec les autres composantes de l’Opposition nationale ?
13) Vous avez été Secrétaire d’Etat en 1986 et 1987 dans le Gouvernement Chirac de la première cohabitation. A ce titre vous avez été solidaire des Lois votées à son initiative. Parmi elles, la suppression de la Proportionnelle et la réforme du Code de la Nationalité. Considérez-vous désormais qu’il convient d’ abroger ces textes et de rétablir la Proportionnelle et la primauté du Droit du sang ?



Les réponses, nous les avons donc obtenues, même indirectement.


QUESTION 1 : De Villiers a toujours soutenu des Européistes de Droite molle à tous les seconds tours des Elections présidentielles, y compris probablement en 2002, ne serait-ce que dans ses déclarations. Son souverainisme n’est nullement prioritaire dans ses intérêts.
QUESTION 2 : Il n’appellerait à voter Le Pen que si celui-ci était seul face à un candidat de Gauche, du moins le dit-il dans le livre de Branca. Mais le MPF ne l’a jamais fait dans les autres élections, quand un candidat du FN restait seul face à un candidat de Gauche. Alors…
QUESTION 3 : Villiers a refusé net l’Union patriotique proposée par Le Pen.(Le Monde 13/04/06).
QUESTION 4 : Il a soutenu aux Elections partielles des candidats UMP partisans du OUI au projet de Constitution européenne. A fortiori, on voit mal comment il se déciderait maintenant à les boycotter en 2007.
QUESTION 5 : On voit donc mal comment il déciderait de soutenir les candidats du FN.
QUESTION 6 : Encore moins d’envisager de faire des listes d’union avec le FN.
QUESTION 7 : Tous les élus MPF, dans les assemblées locales, sont restés solidaires de la majorité grâce à laquelle ils avaient d’ailleurs été élus. La rupture avec l’UMP n’existe pas sur le terrain .
QUESTION 8 : Les élus UMP et UDF partisans du OUI sont toujours dans la majorité en Vendée.
QUESTION 9 : réponse identique à la question 7.
QUESTION 10 : Son objectif d’éliminer le FN (voir chap.4) prouve qu’il est sous dépendance.
QUESTION 11 :VILLIERS a qualifié la Loi Gayssot de « Loi précise et juste » (Rivarol 16/9/05).
Le 26 octobre 1994, à Strasbourg, De Villiers s’est associé à la proposition socialiste d’extension à l’Union européenne entière des dispositions de la Loi Gayssot.
QUESTION 12 : Il a refusé en octobre 2005 toute manifestation commune anti-Turquie.
QUESTION 13 : VILLIERS ayant toujours été hostile à la Préférence nationale (interview donnée en 1988 à Ménie Grégoire), on voit mal comment il pourrait aussi rétablir la priorité du Droit du sang…La notion de priorité française est totalement absente de la Charte du MPF.
Quant à la proportionnelle, il n’en a pas besoin tant que l’UMP lui réservera 2 circonscriptions.
Pour ceux qui auraient encore quelques doutes, qu’ils se posent ces 6 ultimes questions :

- Le RPR ayant épongé une grosse partie des dettes de Villiers à la présidentielle de 1995, celui-ci irait-il vraiment sans aucun filet financier à celle de 2007, avec les sondages actuels ?
- Son soutien inconditionnel à l’Atlantisme et à Israël le prédispose t-il à rompre vraiment avec l’UMP et à se rapprocher un jour du FN ? Ses alliés le lui permettraient-ils ? Evidemment non. Et ce sont ces soutiens qui relieront sa coque au trimaran de SARKOZY.
- Si Villiers était vraiment sincère sur l’Europe, pourquoi ne mettrait-il pas tout en œuvre pour que le meilleur candidat du NON soit présent au 2e tour le 6 mai 2007 ?
- Rompre avec l’UMP, c’est prendre le risque de perdre bientôt la majorité en Vendée, mais surtout les acquis de ses initiatives locales (Puy du Fou, Vendée Globe etc) et les subventions y afférentes. Ne préfère t-il pas au final ses intérêts en Vendée à ceux du Pays ?
- Les élus du MPF au sein des municipalités comme des Régions (rares) sur des listes UMP ou RPR-UDF seraient-ils disposés à menacer leurs sièges et délégations ainsi que leurs futures investitures en acceptant de suivre leur Président dans une vraie rupture avec la majorité, a fortiori dans une alliance avec LE PEN ? Probablement pas car ils sont attachés à leur conception bourgeoise du notable. Or, ils sont toujours au sein du MPF et n’ont pas démissionné. C’est dire si les surenchères de leur patron ne les inquiètent pas. Ils savent que leur intérêt passe par une nécessaire relativisation.

Et poser ces questions, c’est y répondre.