
NOTRE FESTIVAL DE L’APRES-CANNES
Les prix décernés par les jurys des festivals à Cannes sont sans surprise.
Les œuvres récompensées tournent invariablement autour des 4 obsessions suivantes, toutes cumulables et miscibles entre elles :
- le nazisme (montée, guerre, shoah, résistance, collabos, procès, résurgence, etc…)
- l’immigration et le tiers-monde en général
- les perversions sexuelles et morbides
- le surréalisme contemplatif, d’autant plus prisé qu’il sera indigeste et incompréhensible.
Le premier culpabilise sur le passé et le deuxième sur le présent. A tort mais c’est lucratif.
Ils sont intimement liés dans l’imaginaire bobo et mondain des flics du politiquement-correct.
Le troisième, sous couvert d’art primaire psychologique, permet aux spectateurs de goûter à une érection discrète pendant la projection. Le quatrième, de dormir après l’érection.
Tel est le Festival de Cannes et le cru 2009 n’a pas dérogé à la règle.
Nous ne ferons aucun autre commentaire sur les films en compétition tant les choix sont affligeants et prouvent à quel point il y a un immense ravin qui sépare le peuple de ses prétendues élites artistiques. La suppression d’un Ministère fourvoyé dans la culture sera la seule réponse aux gaspillages engendrés par de pareilles manifestations. La crise et les économies sont donc les bienvenues.
Nous nous contenterons de refaire, comme en 2007, un portrait analogique des politiciens en compétition aux européennes avec les films qui leurs ressemblent le plus. Avec mise à jour.
Ensuite, nous rendrons un hommage appuyé aux seconds rôles encore vivants du cinéma français puisque personne à Cannes ni à la télévision ne juge utile et juste de le faire.
Deux palmarès donc : celui des politiciens, piètres comédiens qui ne font guère rêver, et celui des vrais artistes trop souvent oubliés. FT.
PORTRAIT ANALOGIQUE DES CANDIDATS AU PARLEMENT EUROPEEN
AVEC LE CINEMA :
Michel BARNIER Le Grand blond avec une chaussure noire
MARTINE AUBRY Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais…
Olivier BESANCENOT Le Facteur sonne toujours deux fois
François BAYROU Ferdinand le taureau
Antoine WAECHTER Qu’elle était verte ma vallée !
Marine LE PEN La Blonde incendiaire
Daniel COHN-BENDIT Le Mépris
Jean-Marie LE PEN Il est minuit Docteur Schweitzer
Bruno GOLLNISH Soleil rouge
DIEUDONNE Spartacus
Jean-Luc MELENCHON La Nuit de l’iguane
Rachida DATI Samson et Dalila
Vincent PEILLON Les Parachutistes
Philippe DE VILLIERS Les Parasites
Francis LALANNE Le Dernier des Mohicans
Marie-Georges BUFFET Le Placard
Jean-François KHAN L’Extraterrestre
Marielle DE SARNEZ Les Pétroleuses
Carl LANG La Charge de la Brigade légère
José BOVE Soleil vert
Nicolas DUPONT-AIGNAN La Guerre des boutons
Roselyne BACHELOT Mégavixens
Nicolas SARKOZY L’Arnaque
HOMMAGE AUX OUBLIES DU CINEMA FRANÇAIS
Naguère, les cérémonies des Césars et du festival de Cannes consacraient un moment d’émotion à la rétrospective de tous les disparus du métier dans l’année. Cette nécrologie a été supprimée, jugée trop macabre. Mais du coup, le seul hommage rendu qui permette une « standing ovation » émue et vibrante ne concerne plus que les très grandes vedettes arrivées au terme de leur carrière et qu’il est temps de remercier. Ainsi, on a vu le dernier Festival de Cannes célébrer Alain RESNAIS pour l’ensemble de son œuvre et au motif qu’il serait le doyen des réalisateurs français. Ce qui est faux car RESNAIS est de 1922.
Le doyen des réalisateurs français est le grand Eric ROHMER, né le 21 mars 1920, et injustement négligé dans les hommages en cours.
Mais les plus oubliés, ce sont précisément tous les acteurs encore en vie et qu’il serait temps d’honorer eu égard à leur grand âge mais aussi à l’ampleur des prestations accomplies.
Tous ces premiers et seconds rôles, pour certains obscurs mais indispensables à la réussite d’un film, tous ces vétérans, ces pionniers du cinéma français, d’une époque où la comédie était d’une qualité irréprochable, sans rapport aucun avec beaucoup de faux talents d’aujourd’hui. Acteurs du grand et du petit écran, ils ont contribué eux-aussi à nos trente glorieuses, pour ce qui est du divertissement ou de la culture, et donc du bonheur provisoire des Français. Leurs noms vous reviendront certainement en mémoire pour les moins connus, et vous mesurerez alors l’ingratitude des médias d’aujourd’hui.
Année de naissance Acteur/actrice film de référence
1910 Paulette DUBOST Doyenne
1914 Gisèle CASADESUS Verdict
1917 Hélène DUC Les Rois maudits
Suzy DELAIR L’Assassin habite au 21
Danièle DARRIEUX Le Bal
1918 Jacqueline POREL Le Capitan
PATACHOU Napoléon
Tsilla CHELTON Tatie Danielle
1919 Louis JOURDAN Le Comte de Monte Christo
André VALMY Les Mohicans de Paris
Pierre DORIS Le Triporteur
Hubert de LAPPARENT Notre Dame de Paris
1920 Yvonne CLECH Faites sauter la banque
Michèle MORGAN Quai des Brumes
Paul CRAUCHET Les Grandes gueules
Georges STAQUET Pierrot le fou
Raoul BILLEREY Les Trois Mousquetaires
Robert LAMOUREUX Papa, maman, la bonne et moi
1921 George WILSON La Jument verte
Jean-Claude DERET Thierry la Fronde
1922 Sophie DESMARETS Treize à table
Micheline PRESLE Le Diable au corps
Dora DOLL Entente cordiale
Michel GALABRU Le Viager
Jacques DUBY Thérèse Raquin
Jean GAVEN Le Passager de la pluie
Christian ALERS Bébert et l’omnibus
Daniel BOULANGER La Mariée était en noir
1923 Simone VALERE Germinal
Françoise CHRISTOPHE Les Grandes familles
Maria PACOME Un Clair de lune à Maubeuge
Roger PIERRE Mon Oncle d’Amérique
J ean-Marc THIBAULT Escalier de service
Maurice GARREL La Peau douce
Maurice CHEVIT Le Gorille vous salue bien
Marc CASSOT La Mort de Belle
William SABATIER Le Serpent
1924 Denise GENCE Buffet froid
Micheline DAX Mimi Pinson
Jean PIAT Les Rois maudits
Christian BARBIER L’Armée des ombres
Jacques DACQMINE Caroline chérie
Marcel CUVELIER Ascenseur pour l’échafaud
André FALCON Baisers volés
Georges RIVIERE Le Diable boîteux
François PERROT Madame Claude
1925 François MAISTRE Belle de jour
Pierre MONDY Les Mystères de Paris
Robert HIRSCH Pas question le samedi
Roger HANIN Le Miracle des loups
Michel BOUQUET Katia
Michel PICCOLI Belle de jour
Jean-François CALVE Poly
1926 Danièle DELORME Voici le temps des Assassins
Bernard LAVALETTE La Belle américaine
Bernard DHERAN Si Paris m’était conté
Jean TOPART Rocambole
SIM Cartouche
Jacques JOUANNEAU French Cancan
Charles GERARD L’Aventure c’est l’aventure
1927 Emmanuelle RIVA Thérèse Desqueyroux
Claude GENSAC Oscar
Geneviève PAGE Fanfan la tulipe
Nadine ALARI Le Joueur
Paul GUERS Marie Octobre
Juliette GRECO Belphégor
Roger CAREL Clérambard
Robert HOSSEIN Angélique
1928 Rosy VARTE Le Viager
Ginette GARCIN Cousin, cousine
Cécile AUBRY Belle et Sébastien
Françoise DORIN Les filles à papa
Marthe MERCADIER La Puce à l’oreille
Jeanne MOREAU Les Amants
Line RENAUD La Madelon
Martine SARCEY Nez de cuir
Jacques CIRON Le Cerveau
Alain MOTTET Vidocq
Julien GUIOMAR Léolo
Henri GARCIN Un Cave
Pierre TCHERNIA Allez France !
1929 Claude RICH Les Grandes manoeuvres
Christian MARIN Le Gendarme de St Tropez
Bruno CREMER La 317e Section
Serge SAUVION La Reine Margot
Et nous ne nous sommes cantonnés qu’aux comédiens qui, pour les « benjamins, allaient fêter en 2009 au moins leurs 80 ans ! La doyenne Paulette DUBOST, à la carrière exceptionnelle, fêtera ses 100 ans l’an prochain, nous le souhaitons de tout cœur.
Mais on peut aussi rajouter ceux qui approchent l’âge octogénaire, en 1930 :
Michèle LUCCIONI, Pierrette BRUNO, Pierre TORNADE, Francis LAX, Daniel CAUCHY, Venantino VENANTINI, Jean ROCHEFORT, Roland BERTIN, Jean-Louis TRINTIGNANT, Dominique ZARDI , Claude VEGA, Henri-Jacques HUET, Georges DESCRIERES, Sacha BRIQUET, Michel ROBIN. Etc…
En 1931 sont nés l’admirable Gérard BARRAY, Michel LONSDALE, Pierre VANECK, Henri SERRE et Pierre VERNIER, Leslie CARON, Annie GIRARDOT, Jacqueline DANNO, Christiane MINAZZOLI, Françoise ARNOUL et Nicole COURCEL, Dominique PATUREL, Jean-Paul ROUSSILLON. Etc…
Que ceux que nous avons malencontreusement oubliés ou dont les états civils nous sont inconnus nous excusent.
Mais tous font partie d’un patrimoine exceptionnel qu’il nous fallait souligner et honorer.
Enfin, les Français auraient du célébrer quelques vétérans du cinéma américain comme Olivia de HAVILLAND (1916), Ernest BORGNINE (1917), Doris DAY (1924) ou Farley GRANGER (1925), par exemple.
Nous ne pouvons donc encore une fois que décerner la Palme d’Or de l’indélicatesse aux organisateurs du Festival en espérant que les oublis seront réparés l’an prochain…
D’ici là, longue vie à tous nos brillants aînés ! Et vive le vrai Cinéma !
J-P. MINIERE